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Criminologie de la rupture : Taty Harris Mantima lève le voile sur la « face cachée » de la justice en RDC

Joël NZAMPUNGUSat May 09 2026

Criminologie de la rupture : Taty Harris Mantima lève le voile sur la « face cachée » de la justice en RDC

Dans l'enceinte sacrée de l'Université de Kinshasa, là où la science s’allie à la conscience, une page d'histoire académique a été écrite. La bibliothèque de l’Ecole de Criminologie a été le théâtre d’une défense de mémoire de Master qui fera date, portée par un esprit dont la soif de connaissance ne connaît aucune frontière : le Professeur Taty Harris Mantima.

Devant un parterre d'éminences grises, le récipiendaire a présenté son étude intitulée : « La face cachée de la gouvernance judiciaire en RD Congo. Une analyse des dynamiques de la zone grise de la gouvernance judiciaire congolaise ». D'une voix assurée, il a brossé le portrait d'un système en tension :

« En RDC, la scène judiciaire est au cœur d’un paradoxe entre l’exigence de conformité aux normes étatiques et les stratégies de contournement déployées par divers opérateurs. Au-delà de la façade officielle, s'installe un univers parallèle de pratiques informelles : les zones grises ».

Avec la précision d'un orfèvre, le Professeur Taty a démontré comment des pratiques telles que le « buka lelo lamba lelo », le « Mbasu », ou le « kubu yuyu » transforment le savoir juridique en ressource marchande. Pour sortir de cette « bouteille à mouches », il préconise une criminologie de la rupture, libérée des stigmates coloniaux et adaptée aux valeurs endogènes, notamment par la promotion de la médiation comme outil de désenclavement judiciaire.

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Au cœur de cette joute du savoir, le jury, visiblement impressionné par la profondeur de l’exposé, a engagé un dialogue de haut vol où le Professeur Taty Harris Mantima a brillé par sa clarté conceptuelle cristalline. Interrogé d’abord par le Professeur Joël IPARA sur la distinction entre problématique et problème, le récipiendaire s’est appuyé sur les travaux de Quivy et Campenhoudt pour définir la problématique comme le choix d'une direction théorique spécifique permettant d'aborder un objet d'étude. Poursuivant sur cette lancée épistémologique, il a habilement tracé les frontières disciplinaires en précisant que si le droit s’inscrit dans un registre institutionnel et normatif, la criminologie, elle, adopte un paradigme descriptif empruntant ses méthodes à la socio-anthropologie pour comprendre l'acte. Cette rigueur scientifique s'est doublée d'une lucidité politique lorsque, répondant au Professeur MUSAWU, il a affirmé avec le courage du chercheur engagé que la justice pénale demeure, hélas, un instrument au service du pouvoir. Enfin, pour clore cet échange, il a répondu à son directeur, le Professeur Raoul Kienge-Kienge, en soulignant que cette recherche lui confère la qualité d'un véritable criminologue et non d'un simple juriste dont la mission est la valorisation sociale par la sensibilisation et le renforcement de la conscience des acteurs judiciaires.

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Cette soutenance a mis en lumière l’excellence de l’Ecole de Criminologie de l’UNIKIN. Sous l'impulsion de son Directeur, le Professeur Raoul Kienge-Kienge, cette institution s'impose comme le laboratoire où l'on déconstruit les paniques morales pour rebâtir une paix réelle. Le mentorat du Professeur Kienge-Kienge a été le catalyseur de cette réflexion audacieuse, prouvant que l'école est le fleuron de l'intelligence congolaise.

 

Le point d'orgue de cet événement réside dans le profil hors norme du candidat. Déjà Docteur en Droit pénal et criminologie depuis 2024, Taty Harris Mantima vient de décrocher son 5ème diplôme universitaire avec la mention Grande Distinction.

« Être Docteur n'est pas une destination, c'est un point de départ » a-t-il déclaré.

Ce parcours est une ode à l'humilité pour ceux qui pensent que le savoir s'arrête à un titre gravé dans le marbre. En retournant sur les bancs pour un Master en gestion de la paix et des conflits, il prouve que le véritable intellectuel est celui qui accepte d'être l'éternel élève de la réalité. Son exemple est un cri d'encouragement pour une nouvelle génération de chercheurs : osez la polyvalence, osez la double thèse, embrassez la complexité du monde.

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Le couronnement de ce voyage n'a pas tardé à illuminer le ciel académique. Par l'arrêté ministériel N°098 du 13 avril 2026, Taty Harris Mantima a été promu au grade de Professeur Associé. Il devient ainsi le troisième pilier interne de l’école de criminologie de l’Université de Kinshasa, rejoignant les illustres professeurs Raoul Kienge-Kienge et Sara Liwerant. Cette promotion n'est pas une simple formalité administrative ; c'est la consécration d'un sacerdoce scientifique.

En devenant le 13ème lauréat de l’Ecole de Criminologie, Taty Harris Mantima valide une expertise unique en Afrique centrale. Félicitations au Professeur Taty Harris Mantima, ce « chercheur assoiffé » qui, par son audace, nous rappelle que la connaissance est le seul voyage dont on ne revient jamais rassasié. Que son parcours inspire d'autres à briser les bouteilles à mouches de la pensée unique pour s'envoler, libres, vers les cimes de la pluridisciplinarité.