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Université de Kinshasa : L’école de criminologie lance sur le marché son deuxième diplômé

Joel NZAMPUNGUSun Nov 10 2024

Université de Kinshasa : L’école de criminologie lance sur le marché son deuxième diplômé

Ce 23 Janvier 2024, l’école de criminologie de l’Université de Kinshasa a organisé la deuxième défense de master en criminologie, option criminologie environnementale et économique.

Le récipiendaire du jour, Fabrice Bolenge Ileboso a travaillé sur : «les réseaux d’acteurs sociaux à l’aune de la prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme à travers l’argent mobile à Kinshasa. Cas de M-pesa Congo »

Sa recherche a porté sur le dispositif préventif de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, fondé sur deux recommandations du Groupe d’action financière, à savoir l’obligation de déclaration de soupçon et l’obligation de vigilance.

Selon Fabrice Bolenge, les assujettis ont l’obligation de mettre en œuvre des mesures ou des mécanismes permettant de rendre effectif le dispositif préventif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. 

En vue de délimiter son champ de recherche, le récipiendaire intéressé à l’assujetti issu du secteur de l’argent mobile, dénommé Vodacash SA, dont la marque commerciale est intitulée M-Pesa. 

Son problème de recherche relève de l’écart observé entre ce que prévoit le dispositif préventif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et les pratiques des acteurs. A l’en croire,  il se manifeste par l’émergence des situations problématiques ou des pratiques non conformes contraires aux normes ou aux mesures préventives du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme.

Au départ d’un tel constat, Fabrice Bolenge s’est posé la question de savoir, comment comprendre les pratiques problématiques qui découlent de la mise en œuvre des mesures préventives du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme dans le secteur de l’argent mobile à Kinshasa à travers M-Pesa ?

Afin de répondre à cette question de départ, le récipiendaire a mobilisé la méthodologie qualitative, rendu opérationnelle par des entretiens semi-directifs et des observations in situ, dont les données ont subi un examen méthodique et systématique par l’analyse de contenu, en mobilisant  la théorie des réseaux d’acteurs sociaux de Vincent Lemieux, qui s’articule autour de trois concepts, à savoir le concept d’appartenance, le concept d’appropriation et le concept de la gouverne, qui lui ont permis de construire un savoir autour de la mise en œuvre des mesures préventives du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme par le canal de l’argent mobile. 

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La présentation des résultats de la recherche du candidat Fabrice Bolenge a été organisée autour des trois points.Le premier point a porté sur la présentation de l’approche fondée sur les risques, ainsi que ses déclinaisons au sein de Vodacash SA. A en croire le récipiendaire, celle-ci est considérée comme la clé de voûte du dispositif préventif de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Le deuxième point a porté sur la description de l’écosystème de la distribution de la monnaie électronique,  la présentation des acteurs et leurs interactions autour de la distribution de la monnaie électronique, ainsi que le rapport entre les pratiques de distribution de la monnaie électronique et la mise en œuvre des mesures de prévention du blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme, qui engendre une divergence des points de vue mise en évidence à travers les logiques d’acteurs a-t-il martelé.

Enfin, le troisième point a porté sur les différents conflits entre acteurs autour de la circulation des informations en matière de prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, fondés sur des revendications opposées autour des intérêts d’ordre économique (précarité de vie et souci de maximisation du gain), socio-culturel (soumission aux exigences de la solidarité reprouvées par les agents du service de lutte contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, qui constituent la deuxième ligne de défense).

 

En somme, note  le récipiendaire, le défaut de la mise en œuvre des mesures préventives du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme dans le secteur de l’argent mobile, découle de la rupture de collaboration entre acteurs, due à des logiques divergentes et à des relations conflictuelles entre les acteurs de la première ligne de défense et ceux de la deuxième  ligne de défense, du fait de la non prise en compte du contexte socio-économique d’un groupe d’acteurs d’en-bas, en l’occurrence les agents M-Pesa, qui constituent pourtant la première ligne de défense contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dans l’argent mobile.  

Après un échange fructueux entre le récipiendaire et les membres du jury, l’heure du verdict a sonné. Le candidat Fabrice Bolenge termine son master  avec la mention grande distinction.

Ce désormais deuxième diplômé en criminologie de l’université de Kinshasa trouve la nécessité de prendre en compte par exemple les contextes socio-économiques des acteurs d’en bas dans la régulation du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, caractérisés par la modicité des revenus et la précarité de conditions de vie, qui favorisent des pratiques problématiques ou de contournement des mesures préventives du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme.

Joël NZAMPUNGU