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Ecole de criminologie de l’UNIKIN : Me Eugène Ngabu sacré 16ème diplômé après une autopsie magistrale de l'Etat civil kinois

Joel NZAMPUNGUSat Sep 05 2026

Ecole de criminologie de l’UNIKIN : Me Eugène Ngabu sacré 16ème diplômé après une autopsie magistrale de l'Etat civil kinois

C'est dans l'enceinte de la bibliothèque de l'Ecole de criminologie de l'Université de Kinshasa (UNIKIN) que s'est tenue ce mardi 16 Juin 2026 une séance académique mémorable. Ce moment fort marque une nouvelle étape dans l'histoire de l'institution avec la soutenance publique d'un mémoire de Master d'une pertinence rare, jetant un coup de projecteur sur les réalités profondes de notre société.

Le chercheur, Me Eugène NGABU s'est attaqué à un pilier central, mais trop souvent négligé, de la vie publique congolaise : « Le fonctionnement de l’état civil dans la ville de Kinshasa. Entre normes pratiques et quête d’identité : un service public fonctionnant sous multiples contraintes ». Cette étude s'est donné pour objectif d'autopsier le décalage entre la loi écrite et le quotidien vécu par les citoyens dans les bureaux communaux.

Loin des théories abstraites, le travail présenté s'articule autour d'une approche socio-anthropologique et empirique. Eugène NGABU s’est immergé durant de longs mois dans plusieurs communes de Kinshasa pour étudier les interactions réelles entre les agents de l'Etat et les usagers. Grâce à une démarche qualitative rigoureuse, combinant observations directes et 17 entretiens approfondis menés jusqu'à la saturation thématique, l'étude démontre que l'état civil kinois survit grâce à des « normes pratiques ». Ces arrangements informels ne sont pas de simples infractions, mais des mécanismes palliatifs co-produits par les agents et les usagers pour combler le vide laissé par le manque de financement public. L'enquête révèle ainsi comment ce service se transforme en une fabrique d'identités différenciées, favorisant ceux qui ont des ressources ou des réseaux, tout en excluant les plus vulnérables.

Pour évaluer la scientificité et la robustesse de cette recherche, un jury d'exception composé des plus grandes figures des sciences sociales congolaises a été constitué. La présidence a été assurée par l’éminent Professeur Emile Bongeli, entouré par les illustres Professeurs Joël Ipara, Oscar Shamba et Iyaka Buntine, dont la rigueur inflexible a permis de valoriser la haute facture de ce travail.

La phase des débats avec les membres du jury a donné lieu à un échange intellectuel de haute volée. Interrogé sur la nature profonde de ce service, le récipiendaire a brillamment démontré qu'on assiste à une véritable « capitalisation du service », où les agents monnaient l'angoisse existentielle des usagers en quête d’identité, délaissant la production des statistiques vitales qui, elles, ne rapportent rien au quotidien. La punchline d’Eugène NGABU :

« Le remède pour chasser ces normes pratiques réside dans la refondation même de l’Etat congolais. L’analyse de l’état civil n'est qu'un prétexte pour analyser le fonctionnement réel de notre administration publique. Ce qui s'y passe se reflète dans tous les autres services de l'Etat ».

Ce travail de rupture épistémologique a été dirigé de main de maître par le Professeur Raoul Kienge-Kienge Intudi, Directeur en exercice de l’Ecole de criminologie de l'UNIKIN. Sa guidance stratégique a permis au chercheur d'éviter les pièges du conformisme académique et d'appliquer avec brio l'analyse stratégique de Crozier et Friedberg ainsi que l'approche des normes pratiques d'Olivier de Sardan.

À l'issue de cette soutenance brillamment maîtrisée, Me Eugène Ngabu a été élevé au rang de diplômé de master spécialisé en criminologie, mention : Gestion de la paix et des conflits avec la mention : Grande distinction. Il devient officiellement le 16ème produit hautement qualifié de l'école de criminologie, rejoignant ainsi le cercle restreint des 15 experts formés pour répondre aux défis sécuritaires et administratifs de la nation.

Par cet événement, l’École de criminologie de l’Université de Kinshasa vient de prouver, une fois de plus, qu’elle demeure le berceau de l’élite intellectuelle et scientifique de la République Démocratique du Congo. Loin de se cantonner à la théorie pure, ses travaux offrent une boussole indispensable pour les réformes de demain : de l'institutionnalisation du financement à la numérisation des registres pour stopper la fraude documentaire, leviers majeurs pour la consolidation de la paix et de la gouvernance publique.

En célébrant ce nouveau succès, l'établissement réaffirme son leadership et prouve qu'elle ne forme pas de simples diplômés, mais de véritables éclaireurs capables d'autopsier les maux de la société pour bâtir un Etat fort et fiable. Un grand coup de chapeau au Professeur Raoul Kienge-Kienge et à toute son équipe pour cette énième démonstration de force académique.