
L’Ecole de Criminologie de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a vibré ce mercredi 25 février 2026 au rythme d’une joute scientifique de haute facture. Dans la bibliothèque de l'institution, Monsieur Bahati Mitima Emmanuel a franchi avec brio l'ultime étape de son parcours de Master spécialisé en criminologie (Sécurité Intérieure), gravant son nom comme le 12ème expert certifié de cette école d’excellence.

Connu dans les couloirs académiques pour sa verve oratoire et sa nature spontanément communicative, une personnalité que certains qualifiaient affectueusement de « bavard » impénitent, Emmanuel Bahati Mitima a surpris l’assistance par une métamorphose saisissante. Devant un jury imposant, véritable aéropage d'éminences grises, le candidat a su dompter son tempérament pour laisser place à la froide rigueur du chercheur.
Le cœur de cette défense résidait dans un sujet d'une brûlante actualité : « Perception des risques de cyberfraude par les clients dans les institutions bancaires congolaises et stratégies de prévention : Esquisse d’un modèle de prévention des risques d’une cybercriminalité en progression ».
A l’heure où la RDC accélère sa transition numérique, Emmanuel Bahati a pointé du doigt une vulnérabilité critique. Avec une méthodologie mixte d'une rare ampleur, croisant un sondage titanesque auprès de 2 565 clients et 64 entretiens qualitatifs approfondis, il a démontré que la sécurité ne se résume pas à des algorithmes ou à du cryptage. Son étude révèle un chiffre qui donne le vertige : seuls 11 % des Congolais se sentent armés pour faire face aux menaces en ligne.

L’originalité de ce travail réside dans l’importation d’un cadre théorique issu de la santé publique : le Health Belief Model (HBM). Emmanuel Bahati a brillamment soutenu que la cyberfraude doit être traitée comme une question de "santé numérique", où la perception du risque et le sentiment d'auto-efficacité du client sont les premiers remparts contre le crime. Il a disséqué les dispositifs de prévention actuels, soulignant que si 89 % des clients apprécient les efforts des banques, la visibilité réelle des messages de sécurité reste dramatiquement faible (moins de 20 %). Cette analyse chirurgicale a permis de proposer un modèle de prévention interactif, délaissant l'affichage passif pour une éducation numérique proactive et ciblée selon l'âge et le niveau de fortune des épargnants.
En conclusion de sa présentation, Emmanuel Bahati a rappelé que « la cybercriminalité ne se combat pas seulement dans les serveurs, mais dans l'esprit de chaque utilisateur ». Son travail offre désormais aux décideurs bancaires et aux autorités de régulation congolaises une boussole stratégique pour sécuriser l'épargne des citoyens.
Le jury, présidé par le Professeur Mpiana Tshitenge et composé d’éminents professeurs tels que Luketu Mbiya, Oscar Shamba, Joseph Bukweli Kyemba, a scruté avec une rigueur chirurgicale chaque détail de la présentation. Sous la direction scientifique du Professeur Raoul Kienge-Kienge, Directeur de mémoire et Directeur de l'École de Criminologie, Emmanuel Bahati a fait preuve d'une résilience intellectuelle qui a forcé l'admiration de ses pairs. Les examinateurs ont enrichi ce débat scientifique par des remarques pertinentes, touchant tant au fond qu'à la forme, dont l’impétrant a pris acte avec humilité pour porter son travail vers une perfection académique accrue.
Après une délibération intense, le verdict est tombé : Mention Grande Distinction. En devenant le 12ème diplômé de l’Ecole de Criminologie, Emmanuel BAHATI MITIMA ne décroche pas seulement un titre ; il valide une expertise rare en Afrique centrale, capable de lier sociologie, psychologie et sécurité informatique.

L’Ecole de Criminologie de l’UNIKIN confirme, par cette nouvelle réussite, sa mission de laboratoire d'idées pour la paix et la sécurité. Pour Emmanuel Bahati Mitima, ce mercredi 25 février marque la fin d'un chapitre académique, mais surtout le début d'une carrière d'expert au service d'une nation en quête de résilience face aux crimes de l'ère digitale.